Châssis & origine particuliers
Panhard se repositionne dans le haut de gamme au début des années 1930 avec le lancement de la série S disposant au minimum de moteurs 6 cylindres.
La ligne originale signée Louis Bionier se caractérise par des montants de pare-brise ajourés.
Moteur :
Dérive du 6 cylindres présenté en 1926 au salon de Paris (FRA).
Vilebrequin sur 7 paliers.
Refroidissement par thermo-siphon.
Lubrification mécanique par pompe et dispositif de barbotage.
Distribution sans soupapes. Système développé par Knight-Kilbourne (américain). Moteur 4 temps sans soupapes. L’admission des gaz frais et le refoulement des gaz brûlés s’effectuent par des fourreaux coulissants alternativement l’un dans l’autre. Ces fourreaux ont des orifices à leur sommet qui permettent d’admettre ou de refouler les gaz en fonction de leur position.
Panhard utilise des fourreaux en fonte coulissant l’un sur l’autre (problème de poids). L’arbre à cames est remplacé par une sorte de vilebrequin miniature, deuxième arbre qui traverse le groupe de part en part et sur lequel s’articulent deux mini bielles par cylindre qui font alternativement monter et descendre les fourreaux intérieur et extérieur.
Avantage : distribution éliminant l’usage des soupapes et des ressorts de soupapes, permettant donc de limiter le nombre de pièces en mouvement (poussoirs, tiges, culbuteurs), éliminant le risque d’affolement de soupapes, permettant d’augmenter le régime moteur et aussi d’avoir une forme des chambres de combustion plus efficace et non plus liée au positionnement des soupapes : chambres hémisphériques qui augmentent le rendement. Inconvénients : réalisation complexe, entrainement situé en un seul point à la base de chaque fourreau qui ne peut travailler dans l’axe du fourreau d’ou usure de la chemise, flamme de l’explosion située près de la lumière perturbant le rendement en créant un calaminage (décalaminage tous les 20 à 25000 km pour les moteurs à chemises en fonte), grande consommation d’huile.
Panhard fait évoluer le système à son apogée : montage de chemises en acier régulé à lumières plus étroites, diminuant les masses en mouvement (3 fois plus léger), mais le calaminage se concentre en un endroit et impose un décalaminage tous les 6-8000 km. Panhard y remédie en créant un système de peignes disposé au sommet de la culasse. Les fenêtres des fourreaux se présentent alternativement devant ces peignes qui éliminent la formation de calamine au fur et à mesure.
Alimentation par deux carburateurs à fonctionnement simultané.
Allumage par batterie-bobine et distributeur. Ordre d’allumage 1-5-3-6-2-4. Système de démarrage par Dynastar : la génératrice se transforme en moteur électrique. Evite le claquement de solénoïde et le bruit du lanceur, plus de bruit au démarrage.
Moteurs déclinés en différent cylindrées :
6 CS : 2516 cm3 (72×103).


DS : 4080 cm3 (88×109).
DS Special : 4776 cm3(92×120).
5 litres à 8 cylindres : 5080 cm3 (85×112).
Transmission :
Boîte de vitesses à 4 rapports avec pignonnerie à taille hélicoïdale, (« silencieuse »). 1ère et 2e vitesse en haut et 3e 4e en bas, sans synchronisation.
Servo débrayage, embrayage mono-disque à bain d’huile.
Utilise un système de roue libre.
Châssis :
Très élaboré, à construction contre-coudée à l’avant et à l’arrière permettant de surbaisser les carrosseries de 15 cm et de procurer une bonne tenue de route.
Le châssis à longerons parallèles et entretoises est recouvert par un plancher en tôle, ce qui facilite le travail des carrossiers.
Modèles CS et CS Spécial sur empattement 3,17m ;
DS et DS Special : 3,34m et 8 cylindres 3,65m.





Le dessin des carrosseries usine est confié à Louis Bionier qui prejète différentes carrosseries : conduite intérieure, faux cabriolet, cabriolet et conduite intérieure 6 glaces pour le 8 cylindres.
Tous modèles :
Conduite intérieure 5 places




Conduite intérieure 7 places, 4 glaces « Parisienne »


Conduite intérieure 7 places, 6 glaces
Faux-Cabriolet (Coach).
Victoria (Cabriolet).
CS et CS Spécial :
Coupé de Ville
DS et DS Spécial :
Limousine de Ville
8 Cylindres :
Limousine
A l’avant suspension par essieu rigide très évoluée avec un système de balancier, précurseur des barres antiroulis.
A l’arrière, l’essieu rigide est complété par une barre Panhard (breveté, encore utilisé de nos jours) optimisant le guidage du pont arrière.
Freins :
Tambours à l’avant et à l’arrière commandés par câbles, avec un dispositif auto-compensateur élaboré.
DIRECTION :
Vis et écrou, uniquement conduite à droite.
Evolution :
1933 : Présentation de la ligne « Panoramique » au salon de Paris. De petites vitres bombées sont incorporées dans les montants de pare-brise. Elles sont spécialement étudiées par Saint-Gobain à la demande de Panhard et ont pour objectif de réduire les angles-morts.
1934 : Ailes avant et arrières à bavolets (style profilé).



Les 6 CS et 6 DS sont rebaptisées CS et DS.
La CS Special reçoit un moteur type SK6C7 avec cylindrée portée à 2861 cm3 (75×108).
1935 : Suspension élastique du moteur pour améliorer le silence de fonctionnement.
1936 : Arrêt, remplacée par la série Dynamic.